Pourquoi l'insomnie s'auto-entretient
Une insomnie commence presque toujours par une cause identifiable : un stress professionnel, un
deuil, une naissance, une douleur, une période difficile. Cette cause finit par passer. L'insomnie,
elle, reste. C'est ce décalage qui déroute la plupart des gens.
L'explication tient à un mécanisme d'apprentissage. Après quelques semaines de mauvaises nuits,
votre cerveau a associé le lit, la chambre et le moment du coucher à l'échec et à la tension.
Le lieu censé déclencher le relâchement déclenche désormais une vigilance. S'y ajoute
l'anticipation — « si je ne dors pas, demain sera catastrophique » — qui produit exactement
l'activation empêchant l'endormissement.
Vous vous retrouvez alors à essayer de dormir. Or le sommeil est un processus
involontaire : il appartient à la même famille que la digestion ou le rougissement. On ne peut
pas le déclencher par la volonté, seulement créer les conditions de son arrivée. Tout effort pour
dormir est donc, mécaniquement, contre-productif.
Vous n'êtes pas un cas isolé : en France, environ 15 à 16 % des 15-85 ans présentent une insomnie
chronique, et un Français sur cinq dort moins de six heures par nuit.